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mercredi, 30 avril 2008

La coupe est (à moitié vide?) pleine


podcast
 

Liste des choses aussi décourangeantes que la vertu :

1. Se laver le corps au gel douche citron/verveine, se laver les cheveux avec un shampoing à la camomille, se masser les seins au beurre de cacao, se parfumer à l'essence de Guerlain...et puer la clope au bout d'une heure.

2. Passer quatre heures à corriger un paquet de copies, passer deux heures à préparer un cours interactif et ludique, passer deux heures à crier "Donne-moi ton carnet!".

3. Aller faire des courses, imaginer de nouveaux plats équilibrés aux saveurs nouvelles pour mes enfants, les cuisiner avec amour tandis qu'ils me harcèlent de questions ("C'est quoi, ça? C'est quelle couleur? Et pourquoi?"), espérer de ce fait avoir aiguisé leur curiosité et leur appétit, tout manger ensuite parce que "c'est pas bon ça" ou "j'ai sommeil" ou "je vô pas", grossir, devoir faire le régime.

4. Ecrire ; répéter des choses que j'ai déjà dites, sans aucun espoir de catharsis, avec la maîgre consolation d'entendre parfois qu'on me "comprend", que je suis forte, que je suis courageuse, que je suis drôle, que je suis sexy - ce qui est une manière polie de me dire la pire des vérités.

(que je ne suis pas folle, que ce n'est pas un cauchemar et que je ne vais jamais me réveiller ; que le psy ne pourra rien y changer ; que Dieu n'existe pas ; que ma mère n'existe plus ; qu'autrui est occupé/absent/débordé/dévoré par ses propres angoisses ; que si je suis déchaînée c'est mon problème et que je n'ai qu'à attendre, bien sagement, qu'une place se libère dans la Caverne).

5. Voir des gens. Tiens, depuis quelques temps, le recul conséquent à ma solitude m'a permis de remarquer cette chose extraordinaire : à savoir que la rencontre véritable avec autrui n'était qu'un idéal régulateur indéfiniment repoussé à plus tard. Au téléphone, tu finis par couper court pour programmer une rencontre matérielle ; lorsque tu te trouves en face de ton ami(e), tu commences par chercher un lieu pour partager une certaine intimité ; lorsque tu l'as trouvé, cette intimité sera forcément limitée dans le temps en raison de vos emplois du temps respectifs ; alors rapidement la conversation se projette encore dans l'avenir, dans cet avenir idéal où nous aurions enfin le temps. Voir des gens nécessite de se vêtir en adéquation avec les personnes que l'on s'apprête à rencontrer (ou avec le contexte dans lequel on va les rencontrer), après cela tu as ce qu'on appelle les "salutations", puis "l'entrée en matière" ; en général, chacun donne ensuite de ses "nouvelles", commente les nouvelles de l'autre, compatit, conseille...Et moi la question que je me pose est tout simplement la suivante : à partir de quand commence-t-on à vivre des choses ensemble?

J'en ai marre de parler ; plus précisément : la parole qui commente/analyse/dissèque le réel me frustre prodigieusement. C'est peut-être la raison pour laquelle j'ai choisi l'enseignement : je suis obligée d'agir en parlant. Oh je ne suis pas en train de dire que j'aimerais faire des cours de philosophie à tous mes amis, mais bien au contraire j'aimerais tout simplement m'asseoir/m'allonger à côté d'eux, profiter du soleil, rêvasser, chantonner, faire les cons. De toute façon, il n'y a plus rien à dire.

Mais non. Même en plein coeur d'une soirée bien arrosée, alors que tu voudrais t'anéantir en paix, être cohérente avec toi-même, bref, avoir l'honnêteté de ta défonce, faut toujours qu'il y en ait pour faire les spirituels, pour faire les philosophes, pour faire de leur came une revendication, une posture existentielle. Pour moi ces moments sont des crises, des échecs, des dégeuloirs ; ces lieux sont des vespasiennes crades dans lesquelles j'ai honte d'échouer, alors crois-tu réellement que j'y emmenerais ceux que je chéris le plus - Eros, Diotime, Socrate?

dimanche, 27 avril 2008

L'antre de la folie


podcast
 

Samedi soir. J'ai été invitée à une soirée costumée chez une amie mais depuis mercredi (jour où elle m'a laissé le message sur mon répondeur), je n'ai pas réussi à réagir. Doucement, doucement, en ce moment j'aime bien prendre mon temps. Je relativise l'importance des occasions que je ne saisis pas, du travail que je n'effectue pas, des coups de fil que je ne passe pas, et de l'écoulement des choses. J'écoute le petit bruit qu'elles font, lorsqu'elles s'écoulent.

(Note bien que je n'ai pas dit "lorsqu'elles s'écroulent").

Je trouve ça joli, de loin, bien à l'abri.

C'est comme cette foutue robe tzigane que j'ai achetée : super belle dans la vitrine, absolument atroce sur moi. Elle sera très belle dans mon armoire...

Je suis allée pique-niquer dans un parc, avec Yacine, Ambrine, et mes deux enfants. Ils ont failli mourir quatre fois, écrasés par des voitures, des vélos, des métros.

C'était bien : ils ont survécu.

Et là je suis "là" parce que Jacques est allé se cuisiner deux kilos de pommes-de-terre.

(Et comme d'habitude, je n'ai absolument aucun "sujet" digne de ce nom).

J'écoute de la musique. "Pussy liquor" de Rob Zombie. L'autre fois, je ne sais plus quand, je m'imaginais les dernières choses que j'aimerais faire lors d'un voyage d'apprentissage, et parmi elles se trouve la singulière et pourtant irrépressible envie de porter un jean ouvert sur mes fesses nues (comme Baby dans "The house of 1000 corpses"). Je trouve ça assez dément de ma part de ne trouver que des détails de ce genre en me posant la question des dernières choses que j'aimerais faire avant de mourir. Ca manque quand même un peu d'ambition.

J'ai pris rendez-vous chez un psy. La veille, j'avais feuilleté le DSM IV. Il a une belle voix, au téléphone. J'ai apprécié le fait qu'il ne me demande pas pourquoi je désirais prendre rendez-vous. Je ne sais pas si je réusssirais un jour à faire la liste exhaustive des raisons qui m'ont poussée à le faire. Je n'ai même pas spécialement envie de lui parler : j'aimerais que ce soit lui qui parle, lui qui panse, lui qui ordonne et hop !

Ben voyons.

La folie n'est pas quelque chose qui peut se traduire, qui peut s'articuler dans un quelconque langage. N'importe quel délire désorganisé est bien plus rassurant, à partir du moment où il est articulé en mots, que ça. La folie est au-delà de tout ce qu'on peut en dire, au-delà de ce que le fou lui-même peut en dire. Ca t'explose la tronche et les entrailles justement parce que ça n'a aucun cadre. C'est une décharge électrique. Là est le problème, mon frère. Il y a ça, et je ne sais pas quoi en faire, où le mettre, et je ne puis le montrer ni l'articuler en mots.

Je suis très angoissée, mais je ne suis pas phobique. Je n'ai pas peur des gens, des grands espaces, de l'eau ou de l'altitude, par exemple. Je sais prendre la parole en public, je sais m'occuper d'enfants, réfléchir avec pertinence pour résoudre un problème simple ou complexe, bref...la machine est relativement "performante". Finalement, tant que je me trouve dans ce qu'on appelle communément "la réalité", et qui n'est en fait que notre contexte social, je me sens complètement "normale" et "adaptée". Tu m'entends bien : j'ai peur de choses qui n'ont pas de "réalité". Pour prendre une comparaison, j'ai davantage peur d'un vampire ou d'un zombie que d'un véritable danger (maladie, agresseur humain, accident de la route, etc...) D'ailleurs, quelqu'un qui m'aurait vu vivre sur du long terme dirait que j'ai, bien souvent, eu un comportement de "kamikaze", mettant ma vie en danger. Et pourtant j'ai peur, j'ai en permanence peur, mais j'ai peur de ce moment où je bascule hors de la réalité, où je me fais aspirer par cet espèce de gouffre béant et noir de mes propres cauchemards. La comparaison avec le vampire ou le zombie est une comparaison imparfaite encore, parce que ces deux types d'entités appartiennent à des catégories précises et obéissent à certaines lois (ainsi ces deux créatures ne peuvent supporter la lumière du jour). Elles ne sont rien en comparaison de ce chaos radical qui me saccage régulièrement (au moins une fois par mois) aussitôt que je me retrouve seule, complètement seule : c'est-à-dire aussi sans occupation. L'occupation (au sens large du terme : que ce soit une tâche à effectuer ou simplement une méditation), c'est comme une porte verrouillée entre ce chaos et ma conscience.

Mais même lorsque je suis occupée, ce truc, ce chaos, cette folie intérieure ou néantisation (pour faire la - fausse - savante) n'est pas un très bon voisin. Et il faut être de sacrée mauvaise foi pour ne pas l'entendre.

Tu sais, il essaie de rentrer à l'intérieur de ma "réalité", un peu comme Jack Nicholson dans "Shining" (avec une hache). Il est si fort qu'il a été systématiquement là lorsque je faisais l'amour par exemple. Pas quand il y a des mots, pas quand il y a langage, mais dans le silence d'une relation, il a toujours été présent.

J'écoute de la musique. Je parle ou j'écoute parler.

Ou alors je parle dans ma tête, j'invente des scenari, des schémas narratifs, des trucs construits, rationnels, vraisemblables, bienséants et tout le toutim. Tout pour ignorer le chaos qui règne dans mes fondements.

Des années et des années de sensation de siège permanent, des années et des années de sensation de SURVIE, avec tout ce que cela comporte de psychologiquement EPUISANT, des années et des années de trouille au ventre, de cris, de larmes et de grands moments de violence. Et personne ne voit ce que je vois, et personne n'entend ce que j'entends, et personne ne peut comprendre ce qui me terrasse à ce point.

La folie, c'est cela : c'est quand il n'y a personne.

 

 

samedi, 26 avril 2008

Essai


podcast

Pour remonter dans le train de mon aventure internaute, j'essaie de répondre honnêtement à la question de savoir ce que j'aime(rais) trouver dans un blog (et conséquemment, ce sur quoi je déteste tomber). Me promettant pour l'avenir de satisfaire tous mes désirs. On vous conseille souvent d'écrire sans vous soucier de votre lecteur. Le lecteur est, me concernant, mon unique préoccupation ; et si je devais supprimer quelque chose, entre ce que j'écris et mon lecteur, devine ce que je liquiderais?

Pas le lecteur bien évidemment, quoi que laissent supposer mon décor gothique, et mes centres d'intérêts carrément glauques.

Je n'aime ni la réflexion, ni les exercices de style, j'aime le contact avec autrui. Souvent mes désirs courent bien au-devant de mes mots, qui trébuchent et se cassent la figure ; alors je les laisse loin derrière moi, sans aucun remord, car ce n'est pas après eux (moi) que je soupire.

Alors voilà, nous y sommes. Que peut-on attendre d'un blog, quelles sont les limites qu'on dépassera allégrement si on veut un petit peu renouveler le genre (ou tout au moins éviter de tous mourir - en communauté - comme de vieux cons qui s'emmerdent et attendent que le changement vienne de l'extérieur), comment éviter le ridicule, le conformisme, les (nombreux) cercles vicieux, bref en une phrase : COMMENT SE DISTINGUER? Je propose ce qui suit comme des idées jetées sur un bloc-notes, sans aucun souci de hiérarchie (parce qu'autrement, avec la maniaquerie qui me caractérise, je ne suis pas encore couchée) ni d'ordre particulier. 

1. Il en est des blogs comme dans tout établissement ouvert au public : on a envie d'y entrer parce qu'on a envie d'autrui, mais en même temps on est intimidé parce qu'on ne connaît personne. L'avantage d'un blog, c'est qu'on peut jouer les voyeurs sans trop se faire repérer (cela m'arrive souvent, je le reconnais, en particulier pour des gens que je ne peux pas encadrer - la haine et le désir n'étant jamais très éloignés). C'est aussi son gros inconvénient ; parce que moi personnellement, si je savais que t'es là tout(e) seul(e) dans un coin de mon établissement, je viendrais t'accueillir comme il se doit ; je te ficherais la paix si je sentais que tu préfères regarder (chacun sa perversion), cela va de soi, mais au moins j'en aurais le coeur net.

Ce qui impressionne, c'est la communauté. Plus le nombre de liens est important, plus t'as l'impression d'arriver après la tempête, comme un cheveu sur la soupe et tu te sens petit, tout petit. Le genre : "pourquoi laisserais-je un commentaire, un de plus, un de moins...personne ne m'attend". Alors que tout blogueur doit savoir que c'est absolument faux : tout blogueur, comme tout zombie qui se respecte ( j'entends montrer dans les jours qui suivront qu'un blogueur est une race mutante de zombie), est avide de chair fraîche ; on s'emmerde vite, entre zombies. Mais bon, voilà : la vérité était que si on s'amusait vraiment comme des petits fous on ne serait pas là à écrire des conneries. On construirait une grande baraque en briques bleues et on paratagerait les fromages et les hommes.

C'est en partie la raison pour laquelle je ne mettrai plus aucun lien sur mon blog. Et si tu viens sur le mien dans une intention proche de "Je t'achète ta camelote si tu me prends deux paquets de ces délicieux biscuits de boy-scouts" tu peux tout de suite repartir. Car je préfère les petits restaurants chaleureux et peu fréquentés aux endroits à la mode. Aussi ai-je pour habitude de fermer boutique et d'aller m'installer ailleurs dès qu'on commence à ne plus s'entendre parler.

Mon blog a été et sera toujours intimiste et devra donner l'impression de s'adresser à chacun, non pas dans son universalité, mais bien au contraire dans sa singularité. C'est mon vécu que je raconte (vécu nécessairement personnel, désespérement banal mais tragiquement individuel, parcellaire, subjectif, déterminé, orienté) et c'est à ton vécu que j'entends faire écho/m'opposer. Comme d'autres bien avant moi, je cherche des hommes, partout, même en plein jour, avec ma lanterne. Je n'aime pas quand il se taisent, fatigués/apeurés/lobotomisés ; je n'aime pas quand ils se cachent derrière leurs fonctions, leurs théories ou  leurs maîtres à penser. L'universel n'est pas le lieu d'Internet, qui est le lieu du DESIR par excellence (à ce sujet je déteste bien fort tous les blogs qui se la jouent "l'air de ne pas y toucher"). L'universel n'est pas un lieu humain de manière générale. L'universel, surtout, est une abstraction qui doit être portée par des individus pour avoir une quelconque portée philosophique. Aussi est-ce avec un plaisir non dissimulé que je vous annonce ce soir que j'en ai vraiment rien à foutre, de l'universel.

Ceci étant dit, je tiens à te rassurer : je suis beaucoup plus bandante que l'universel.

2.

 On aime bien voir la tête du patron/de la patronne de l'établissement. Au moins savoir à quoi il ressemble. Certes "il n'y a pas que le physique qui compte", mais dans certains cas, mieux vaut s'habituer le plus rapidement possible. Non mais sans rire en plus (j'ai beaucoup de défauts, mais je suis souvent d'une déconcertante - et naïve- honnêteté) : les physiques, c'est un peu comme les chansons - certaines te plaisent d'entrée, pour d'autres, le matraquage peut fonctionner. En général, je n'apprécie jamais la beauté plastique de personne au premier regard, j'ai toujours besoin de beaucoup beaucoup de temps pour m'habituer à ce qu'elle fasse partie de mon décor. Mais lorsqu'elle en fait partie, en revanche, j'aime son physique pour ce qu'il est, parce que c'est "elle", tout simplement. Je trouve tous mes amis extrêmement "beaux", à leur manière. Alors que si je me mets à aimer un discours tout en projetant dessus une image fausse (ou même "à vide"), ça fait 2 rencontres, donc 2 traumatismes. Le temps que je m'habitue...c'est le temps que je m'habitue.

J'ai mis ma photo parce que je ne suis pas dualiste : mon corps n'est pas séparé de mon esprit ; il serait faux ou insuffisant de dire qu'ils s'influencent - de telles choses que "mon esprit" et "mon corps" n'existent pas. Enfin si : mon cadavre pourrait exister - mais il n'intéresserait qu'une minorité d'entre vous. Mon esprit, sans mon corps : je n'ai pas de preuves, mais ce serait assurément autre chose que moi. J'imagine par exemple qu'un "esprit" ne saurait être "blond". Or je le suis bien souvent, au sens propre comme au sens figuré (je suis une fille, quoi).

Bon après, il ne faut pas tomber dans l'excès inverse de saoûler les gens avec toutes tes photos de vacances, à deux exceptions près : soit tu as un photoblog (et un réel talent pour la photographie - ce qui n'est pas mon cas, je n'ai d'ailleurs aucun matos) ; soit tu mets des photos de femmes à poil (ce qui intéressera toujours tout le monde).

3. On recherche une qualité d'écriture bien évidemment (mais pas nécessairement, c'est la raison pour laquelle je ne l'ai pas mis en premier. Moi, par exemple, je ne recherche pas la qualité d'écriture - je la trouve par hasard, et plus souvent qu'on ne veut bien l'admettre - la blogosphère ayant mauvaise réputation auprès des prétendus "vrais" intellos). Mais pour évaluer cette qualité, nous ne disposons en définitive que de nos propres références culturelles/intellectuelles, ce qui fait que bien souvent, nous nous retrouvons "entre gens du même milieu". On pourrait se dire que c'est "tant mieux", qu'il en faut "pour tous les goûts", que chacun trouve son pot, son couvercle ou je ne sais quoi, ah si tiens je sais : son public.

C'est quand même un peu aliénant/étouffant, et j'aurais envie de dire que ça ressemble fort à "un coup d'épée dans l'eau". Car enfin, si ça peut me faire plaisir de discutailleur tel ou tel point de La Critique de la Raison Pure avec quelque collègue égaré, ou de partager mon enthousiasme pour "The Devil's rejects" avec quelque tueur en série, je dois bien avouer que j'en ai franchement rien à foutre, qu'on me léchouille dans le sens des poils. C'est beaucoup plus intéressant d'initier et de se faire initier, de partager. Tu sais, c'est un peu comme les réunions entre femmes aigries ce que je te raconte là : on y dit beaucoup de mal du mâle sans que ça nous fasse aucun bien. La fécondité commence par une contradiction.

Ce que je recherche avant tout dans la blogosphère, ce sont des profils variés. Je m'intéresse à certains blogs non pas tant pour les articles postés que pour la personne qui les a postés. Voilà ce que j'appelle le fond ou encore contenu.

4. Ici je ne parle pas de voyeurisme malsain pour la vie privée des gens. Que ce soit dans la fiction comme dans l'autobographie, tu sens le discours creux (au sens d'inhabité) et le discours porté par quelqu'un. L'auteur peut bien entendu jouer un subtil jeu de cache-cache avec le lecteur, mais jusque dans ce jeu il est présent. Inversément certaines personnes utilisent tous les indices du discours ancré dans la situation de communication (le tutoiement surtout) sans pour autant avoir d'"épaisseur" réelle. Telles elles sont sur le net, telles elles sont probablement dans la vie : personne ne pense, donc personne n'est (et ne suit, en l'occurence...)

L'inconscience, voilà une chose que je ne supporte pas, parce que je ne supporte pas la solitude. Je cherche toujours le regard, une réponse, des hommes, avec ma lanterne. Ne noircissons pas trop le tableau : j'en trouve encore, mais tous les autres me cachent un peu la vue.

5. A présent si  j'entre dans le détail de ce qui me déplaît (ou tout au moins m'ennuie prodigieusement) sur un blog que je peux aimer par ailleurs, je dirais que je n'aime pas trop les critiques de livres/films/expos/albums, que je n'aime pas spécialement écouter les podcasts ni visionner des extraits de films. Sauf cas particuliers : j'aime bien les blogs qui traitent exclusivement de films gore, parce qu'ils me donnent souvent des idées de films à regarder (le gore étant un genre un peu malmené par la critique, il se prête bien à la communication de l'info de bouche à oreilles, entre "initiés"). Si on me dit : "Alm, écoute ce truc ou regarde ce machin, je l'ai posté spécialement pour toi", alors là oui, évidemment, je vais me sentir flattée et je vais obligatoirement écouter/regarder pour essayer de comprendre le message. Mais tu sais ce que c'est : quand on aime quelque chose, on ne peut s'empêcher de vouloir l'imposer aux autres, qui eux-mêmes veulent nous imposer leurs propres daubes...

Il y aurait d'autres choses à dire sur la question, mais ce que je me dois de retenenir, c'est de me limiter en podcasts/extraits et critiques de films. Sur la critique proprement dite, elle ne peut être intéressante que si celui qui la produit n'est pas qu'un simple spectateur, mais un véritable passionné. Les passionnés te font voir les choses autrement : ils habitent l'objet qui les passionne et peuvent animer les choses les plus inertes, donner du sel aux plats les plus insipides. Alors que des tas de mollassons m'ont dissuadée de me rendre au cinéma pour avoir dit, pour la énième fois, sur un film, des choses que j'avais déjà entendues dans la bouche d'autres mollassons.

                                                                                                                                                                     

En réalité, je n'aime pas beaucoup les blogs et je n'en lis quasiment jamais.

Mais je vais voir ce que je peux faire...


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