samedi, 03 mai 2008
Musique de Zombie (only for zombies)
11:08 Publié dans Les antinomies de la raison impure | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Musique Rob Zombie
mercredi, 30 avril 2008
La coupe est (à moitié vide?) pleine
Liste des choses aussi décourangeantes que la vertu :
1. Se laver le corps au gel douche citron/verveine, se laver les cheveux avec un shampoing à la camomille, se masser les seins au beurre de cacao, se parfumer à l'essence de Guerlain...et puer la clope au bout d'une heure.
2. Passer quatre heures à corriger un paquet de copies, passer deux heures à préparer un cours interactif et ludique, passer deux heures à crier "Donne-moi ton carnet!".
3. Aller faire des courses, imaginer de nouveaux plats équilibrés aux saveurs nouvelles pour mes enfants, les cuisiner avec amour tandis qu'ils me harcèlent de questions ("C'est quoi, ça? C'est quelle couleur? Et pourquoi?"), espérer de ce fait avoir aiguisé leur curiosité et leur appétit, tout manger ensuite parce que "c'est pas bon ça" ou "j'ai sommeil" ou "je vô pas", grossir, devoir faire le régime.
4. Ecrire ; répéter des choses que j'ai déjà dites, sans aucun espoir de catharsis, avec la maîgre consolation d'entendre parfois qu'on me "comprend", que je suis forte, que je suis courageuse, que je suis drôle, que je suis sexy - ce qui est une manière polie de me dire la pire des vérités.
(que je ne suis pas folle, que ce n'est pas un cauchemar et que je ne vais jamais me réveiller ; que le psy ne pourra rien y changer ; que Dieu n'existe pas ; que ma mère n'existe plus ; qu'autrui est occupé/absent/débordé/dévoré par ses propres angoisses ; que si je suis déchaînée c'est mon problème et que je n'ai qu'à attendre, bien sagement, qu'une place se libère dans la Caverne).
5. Voir des gens. Tiens, depuis quelques temps, le recul conséquent à ma solitude m'a permis de remarquer cette chose extraordinaire : à savoir que la rencontre véritable avec autrui n'était qu'un idéal régulateur indéfiniment repoussé à plus tard. Au téléphone, tu finis par couper court pour programmer une rencontre matérielle ; lorsque tu te trouves en face de ton ami(e), tu commences par chercher un lieu pour partager une certaine intimité ; lorsque tu l'as trouvé, cette intimité sera forcément limitée dans le temps en raison de vos emplois du temps respectifs ; alors rapidement la conversation se projette encore dans l'avenir, dans cet avenir idéal où nous aurions enfin le temps. Voir des gens nécessite de se vêtir en adéquation avec les personnes que l'on s'apprête à rencontrer (ou avec le contexte dans lequel on va les rencontrer), après cela tu as ce qu'on appelle les "salutations", puis "l'entrée en matière" ; en général, chacun donne ensuite de ses "nouvelles", commente les nouvelles de l'autre, compatit, conseille...Et moi la question que je me pose est tout simplement la suivante : à partir de quand commence-t-on à vivre des choses ensemble?
J'en ai marre de parler ; plus précisément : la parole qui commente/analyse/dissèque le réel me frustre prodigieusement. C'est peut-être la raison pour laquelle j'ai choisi l'enseignement : je suis obligée d'agir en parlant. Oh je ne suis pas en train de dire que j'aimerais faire des cours de philosophie à tous mes amis, mais bien au contraire j'aimerais tout simplement m'asseoir/m'allonger à côté d'eux, profiter du soleil, rêvasser, chantonner, faire les cons. De toute façon, il n'y a plus rien à dire.
Mais non. Même en plein coeur d'une soirée bien arrosée, alors que tu voudrais t'anéantir en paix, être cohérente avec toi-même, bref, avoir l'honnêteté de ta défonce, faut toujours qu'il y en ait pour faire les spirituels, pour faire les philosophes, pour faire de leur came une revendication, une posture existentielle. Pour moi ces moments sont des crises, des échecs, des dégeuloirs ; ces lieux sont des vespasiennes crades dans lesquelles j'ai honte d'échouer, alors crois-tu réellement que j'y emmenerais ceux que je chéris le plus - Eros, Diotime, Socrate?
02:48 Publié dans Les antinomies de la raison impure | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog

